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La formation ouverte et à distance pour soutenir la recherche et l’enseignement en langue française.

QUL’AUF est présente en Afrique à travers un large réseau d’établissements. Pierre-Jean Loiret, directeur délégué du Programme Innovation de l'Agence a répondu à nos questions. La palette des actions de l’AUF sur le continent est très large et le volet concernant l’enseignement à distance particulièrement consistant. Monsieur Loiret nous donne les grandes lignes directrices des programmes de l’AUF, et quelques exemples de résultats éloquents.

 eLA : Quelles sont les activités de l’AUF en Afrique et quelles sont les raisons de ces engagements ?

Pierre-Jean Loiret : Sur les 5 continents l’Agence compte de 685 établissements membres répartis dans 81 pays. 140 des ces établissements se trouvent en Afrique.
L’AUF y est présente par l’intermédiaire de ces bureaux régionaux, Afrique Centrale, Afrique de l’Ouest et Océan Indien, dont dépendent des Instituts de formation et les Campus Numériques Francophones au nombre de 23 sur un total de 42 à travers le monde.

L’ Afrique est notre terrain d’action prioritaire. Nos actions sont mises en œuvre par les bureaux régionaux et conçues par des directions de programme au nombre de 6 :
« Langue française, diversité culturelle et linguistique », « Aspects de l’État de droit et démocratie », « Environnement et développement durable solidaire »,
« Renforcement de l’excellence universitaire, partenariats, relations avec les entreprises », « Innovation par les technologies de l’information et de la communication pour l’éducation », « Appropriation des outils technologiques par l’enseignement supérieur et la recherche ».

AUF

L’Agence Universitaire de la Francophonie est une association de droit québécois . Depuis 1989, cette association d’universités est un opérateur de la Francophonie institutionnelle. Partenaire des établissements d’enseignement supérieur et de recherche qui ont choisi le français comme langue d’enseignement, elle propose plusieurs programmes de coopération visant notamment à soutenir la recherche et l’enseignement en français. L’AUF est présente sur tous les continents et fédère des établissements d’enseignement supérieur et de recherche qui ont choisit le français comme langue d’enseignement. La vocation de l’Agence est de contribuer à la construction et à la consolidation d’un espace scientifique en français en favorisant la coopération scientifique , en formant des futurs acteurs du développement, en soutenant la recherche et l’excellence ou encore à travers le partage d’expertise.

Les innovations pédagogiques, la formation ouverte et à distance dépendent du Programme « Innovation », les Campus numérique du Programme « Appropriation », la gouvernance et notamment le déploiement du système Licence-Master-Doctorat du Programme « Excellence universitaire ».

 eLA : Quel sont les moyens déployés par l’AUF pour soutenir les universités africaines afin qu’elles atteignent les standards internationaux et deviennent compétitives ?

Pierre-Jean Loiret : On peut citer entre autres les différentes actions et financements accordés par l’Agence aux universités africaines, l’ensemble concourant à renforcer leur compétitivité et l’adhésion à des standards internationaux :

  • Le renforcement des échanges, de la mobilité à travers la circulation scientifique des enseignants-chercheurs ex : les bourses de mobilité pour la formation ou la recherche.
  • L’appui aux pôles d’excellence régionaux ex : financer un laboratoire de recherche pour lui donner un rayonnement régional et international.
  • L’appui au renforcement de la gouvernance universitaire avec des formations et des expertises sur la mise en œuvre du système LMD,
  • L’appui aux conférences régionales de recteurs ou de présidents d’universités , pour favoriser la coordination de leurs actions.
  • Le développement de la formation ouverte et à distance qui permet de travailler sur la rénovation des curriculums, l’acquisition de nouvelles méthodes pédagogiques, la structuration des formations, l’amélioration de la qualité des cours, le développement de l’usage des technologies de l’information, mais aussi le renforcement des capacités financières des institutions en diversifiant leurs sources de revenus.

 eLA : Quels sont les mesures prises par l’AUF pour favoriser l’échange d’étudiants et de scientifiques avec l’Afrique ? Existe-il un échange dans les deux sens ? Existe-il une coopération, dans la recherche par exemple, avec des scientifiques en Afrique ?

Pierre-Jean Loiret : L’AUF lance chaque année un appel d’offres pour la mobilité scientifique, cela concerne la formation (masters) comme la recherche (bourses pour les doctorats et les post-docs). Les mobilités Sud-Sud sont favorisées. En 2007-2008, 420 étudiants africains ou chercheurs africains ont bénéficié d’une bourse doctorale ou de perfectionnement à la recherche.

Nous finançons également des missions d’enseignement qui permettent par exemple à un professeur camerounais d’aller enseigner deux semaines en Centrafrique. Plus d’une centaine de ces missions d’enseignement ont été financées en Afrique en 2007-2008.

En 2007-2008 nous avons reçu exactement 8608 candidatures aux 51 diplômes à distance, licences et masters émanant d’universités reconnues membres de l’AUF, que nous soutenons. 82,5% de ces candidatures sont issues d’Afrique sub-saharienne et de l’Océan Indien.

Après les sélections effectuées par les universités diplômantes nous avons pu accorder des allocations d’études à distance (bourses pour suivre une FOAD couvrant en moyenne les 2/3 du coût de la formation) ou faire bénéficier d’un tarif préférentiel à 676 jeunes africains, c’est à dire 88% du total des 801 aides accordées cette année là. L’appel à candidatures pour les formations proposées à la rentrée 2009-2010 est lancé au début du mois de mars 2009.

 eLA : Pouvez-vous dire quelques mots sur le concept du eLearning tel qu’il est conçu par l’AUF ?

Pierre-Jean Loiret : A l’Agence universitaire de la Francophonie on parle de FOAD (formation ouverte et à distance), parce que c’est un terme francophone mais aussi et surtout pour faire la différence entre les programmes de e-learning qui peuvent aussi bien comprendre l’usage des TIC en classe que des formations en entreprise et les diplômes proposés à distance par les universités membres de l’Agence.

© Laurence Gough, Fotolia

En 2007-2008 nous avons soutenu 51 diplômes à distance, dont 11 issus d’établissements du Maghreb et d’Afrique sub-saharienne. Ces diplômes du Sud ont bénéficié de l’expertise en ingénierie de formation de l’AUF pour leur conception et leur développement ainsi que du financement d’allocations pour leurs étudiants.

L’Agence a investi le champ de la formation des enseignants aux TICE et à la FOAD depuis une dizaine d’années maintenant. Nous avons commencé par favoriser la conception et la production de contenus scientifiques sous format numérique avant d’orienter nos efforts vers la création de diplômes à distance.

 eLA : L'avenirde la FOAD, comment le voyez-vous ?

Pierre-Jean Loiret : En 2008, à l’issue d’un appel d’offres nous avons sélectionnés 15 nouveaux projets de diplômes. Ils sont en développement et 8 d’entre eux devraient être disponibles dès la rentrée d’octobre 2009 ; les autres à la rentrée académique suivante. L’AUF prend en charge l’ensemble des formations nécessaires pour les équipes pédagogiques, administratives et techniques qui doivent travailler à la création, au suivi et à la maintenance d’une FOAD. Cette démarche nous paraît plus efficace qu’un programme de formation détachée de la création d’un diplôme. Trop souvent dans ce dernier cas les stagiaires une fois le programme de formation achevé se dépêchent de s’inscrire… à un nouveau programme ou un nouvel atelier. En revanche, impliquer des équipes sur la création directe d’un diplôme permet à l’Université de pouvoir proposer rapidement de nouvelles formations, ayant une visibilité internationale grâce à Internet.

ADIE

Pierre-Jean Loiret est le directeur délégué de l’AUF, en charge du programme « Innovation par les TICE ». Son important travail de recherche universitaires et ses diverses publications sur l’enseignement à distance lui donnent une grande expertise en la matière. Au sein de l’AUF, Pierre-Jean Loiret est responsable entre autres du déploiement d’un dispositif universitaire de formations ouvertes et à distance ainsi que du développement de contenu pédagogique pour 15 nouvelles formations de niveau licence ou master émanant d’établissements africains.

Ces diplômes universitaires se déroulent quasiment entièrement à distance (à plus de 80%) avec pour certains quelques périodes de regroupement. Internet sert donc à la fois pour accéder aux cours mais aussi permet la relation pédagogique. En effet, nous ne promouvons et ne soutenons pas n’importe quel type de FOAD. Un encadrement pédagogique important, sous la forme d’un tutorat, est une des conditions de notre soutien. L’autoformation assistée, laissant l’apprenant seul derrière son ordinateur  et où Internet se contente de remplacer le courrier postal, ne fait pas partie des modalités pédagogiques que nos ateliers de formation mettent en avant.

C’est en partie pour cette raison que la FOAD ne peut pas arriver à toucher une masse très importante d’apprenants. Nous sommes ici davantage dans une optique de formation spécialisée que de formation de masse. Plus de 80% des candidats à nos formations à distance exercent une activité professionnelle. Ils postulent pour acquérir de nouvelles compétences ou pour progresser dans leurs carrières. En Afrique le public et le « marché » de la FOAD est celui de la formation continue, pas celui de la formation initiale.

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www.auf.org/formation-distance

Le 13 fevrier 2009

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